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Pierre Brun est né en 1915. Il grandit à Saint Etienne dans le calme et l’équilibre. Il fait ses études secondaires à Montbrison, puis ses études supérieures à Lyon. Alors qu’il s’intéresse aux langues anciennes et à la théologie, la guerre va donner à sa vie un nouveau tournant. Fait prisonnier au début de la guerre, ses 5 ans de captivité dans un Oflag de Moravie l’amènent à se plonger avec ardeur dans le dessin et la sculpture. Libéré après la victoire, encouragé par ses amis de captivité, Il entre à l’Ecole Nationale des Beaux Arts à Paris et reçoit vite ses premières commandes grâce à Saupique son patron d’atelier. En 1949, il reçoit le l° Prix National des Arts et se marie ; il est nommé sur concours professeur de sculpture à l’Ecole des Beaux Arts de Saint-Etienne puis a l’Ecole Nationale des Arts Appliques de Paris, chargé de cours de sculpture à l’Université de Paris VIII, et Maître de conférences à l’Unité d’architecture de Paris Nanterre. Il vit et travaille depuis 1986 à Boissy-le-Châtel, dans la vallée verdoyante du Grand Morin. Une intense spiritualité émane de chacune des sculptures de l’œuvre considérable de Pierre Brun, qu’il s’agisse de sujets sacrés ou profanes. De sa statue de Saint-André en 1947, l’une de ses premières sculptures monumentales, à la grande Coré de marbre achevée récemment, nous découvrons avec émotion un univers où la matière, argile, bois, marbre, calcaire, silex, fer, bronze ou cuivre, est sublimée et travaillée jusqu’à lui donner une âme. Il les aborde puissamment, avec les moyens de son art qui exige équilibre et rigueur. Aussi ne peut-on s’étonner de l’écho qu’il provoque faisant appel en nos cœurs et esprits à notre perception de la beauté et à nos intimes espoirs. A 92 ans, il continue à sculpter dans des matériaux aussi difficile mais nobles que le marbre pour le plaisir de créer et non pour démontrer une quelconque théorie au service d’un clan ou d’une chapelle. Dans un monde qui chaque jour étale en direct dans les medias les drames et la souffrance planétaire et où il est difficile parfois de garder foi en un avenir clair, rendons hommage à ceux qui comme Pierre Brun continuent sans se voiler la face devant les périls, à ne pas se laisser tenter par les démons du désespoir et à exprimer leur confiance en un dénominateur commun à toute l’humanité: la suprématie de l’esprit. |
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